MAISSA TOULET MAISSA TOULET

Née en 1974, je vis et travaille à Paris.

Ce sont les assemblages de l’artiste américain Joseph Cornell, découverts à l’adolescence, qui m’ont donné l’envie de pratiquer le collage d’objets et d’images.

Vers l’âge de trente ans, après des études de littérature et un bref passage dans l’enseignement peu concluant, je me remets à collecter des objets et je les assemble dans des boites vitrées ou entièrement transparentes, en m’inspirant des cabinets de curiosités, qui m’ont toujours attirée pour leur fatras hétéroclite, leur désordre organisé et enfin la juxtaposition de formes naturelles souvent incroyables et si étranges qu’elles basculent facilement du côté de l’imaginaire (créatures fantastiques, croisement d’espèces…).

La dimension inquiétante, parfois morbide , des cabinets de curiosités, qui accumulent animaux empaillés, squelettes et organes conservés dans le formol , m’attire bien plus qu’elle ne m’effraye.

Je trouve là un moyen d’apprivoiser de manière rationnelle et esthétique le chaos de la vie et de ses corollaires (mort, maladies, dégénérescences de toute sorte, névroses et angoisses quotidiennes).

Conçues comme des musées miniatures ou des chapelles à ex-votos, mes vitrines et mes installations accumulent les objets dans un esprit très éloigné des collections, car rien n’y est classé selon une logique apparente.

Chaque objet a pourtant une place, très étudiée et nullement interchangeable. Entre mises en scène et rébus, j’essaye de donner aux objets que je trouve et transforme –parfois du tout au tout- la force des symboles que l’on trouve dans les contes, dans les rêves, dans les rites.

De plus en plus, mes vitrines s’éloignent des cabinets de curiosités et deviennent des boîtes à récits, où les objets, parfois les mots, assemblés par les règles d’association qui gouvernent les rêves (analogies subjectives, souvenirs, transpositions...) invitent celui qui les observe à créer ses propres histoires, les clés de ses propres énigmes.